Pibe San fait son cinéma

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 17 octobre 2008

Points de suspension...

Bonjour à tous, ou du moins à ceux qui viennent de temps en temps sur ce blog moribond.

Je suis désolé de vous avoir laissé en rade. Depuis le début de l'année scolaire, j'ai pas mal de travail, ce qui m'empêche de me consacrer à ma Passion. Je pense que cela devrait s'arranger bientôt, du moins je l'espère !

J'espère reprendre un rythme de publication bientôt, en attendant je vous invite à vous orienter vers les nombreux liens présents sur le blog.

A très bientôt !

vendredi 19 septembre 2008

Déjà vu (décembre 2006)

déjàvuDe Tony Scott. Le problème des films qui prennent pour principe le voyage dans le temps, c’est qu’ils se retrouvent à un moment ou à un autre confrontés à un paradoxe temporel impossible à résoudre (changer le passé, c’est changer toute la matière du temps donc toute la matière narrative). La réussite du genre se mesurera alors à la capacité du scénario à affaiblir ce paradoxe ou à le rendre le moins visible. Autant dire qu’avec Déjà vu, on est loin de cette réussite-là. L’histoire se situe au croisement du thriller et de la sf, quelque part entre Minority report (une invention qui permet de revenir en arrière pour trouver les preuves de criminels en fuite) et n’importe quel film d’enquête. Vous pouvez même y ajouter une histoire d’amour assez débile et insipide… En gros, un attentat se produit, un enquêteur arrive, puis enquête, forcément, se retrouve recruté dans une cellule disposant d’une invention qui permet de remonter dans le passé. Le surdoué (Denzel Washington) continue à enquêter (cette fois devant des écrans) avant de trouver le moyen de remonter dans le temps pour tenter d’éviter le pire…

Le principal problème du film réside dans son incapacité à assurer une ligne narrative claire du fait de l’opacité du scénario qui mélange constamment passé/présent/futur sans jamais offrir au spectateur un élément de stabilité. Pour le dire autrement, ce qui doit se passer après (avant ?) se passe avant (après ?) et ce qui se fait maintenant se fait…Ahhhhhhhhhhhhhhhh ! Vous ne suivez pas, moi non plus ! Malgré tout, on perçoit les enjeux et l’on voit, comme beaucoup l’ont remarqué, à quel point le cinéma américain est travaillé par l’idée de catastrophe, le trajet même de Déjà vu traduisant le fantasme d’un retour en arrière où l’événement (attaque terroriste, cyclone etc.) pourrait être prévu et empêché (le film est d’ailleurs dédié aux victimes de Katrina).

Il y a dans ce blockbuster un aspect foutraque qui le rend paradoxalement assez divertissant. Quelques scènes bien faîtes émergent au milieu de la réalisation tape à l’œil et publicitaire de Tony Scott, habitué à ce genre de machin où le seul cahier des charge consiste à se couler dans le moule actuel. Voilà, pas grand-chose à dire si ce n’est qu’il fait parfaitement l’affaire pour un vendredi soir devant la télé…

vendredi 12 septembre 2008

Mirrors (septembre 2008)

mirrorsAlexandre Aja jouit depuis son remake réussi de La colline a des yeux d’une solide réputation, d’une aura assez étonnante pour un réalisateur qui, après tout, n’a jamais réalisé que trois films. On pourrait même dire qu’il est une sorte d’anti-Kassovitz, puisque lui a réussi là où son prestigieux collègue a échoué, réussir aux Etats-Unis et se révéler capable d’imposer ses projets dans un contexte de production contraignant. Il faut dire que le frenchy a sans doute bien moins d’ambition et se cantonne, avec succès donc, à la confection de films d’horreur aussi calibrés qu’efficaces. Quoi qu’il en soit, Aja a du talent, ce qu’il prouve une nouvelle fois avec ce Mirrors (certes inférieur à son précédent film), film fantastique où la figure du miroir est parfaitement employée et dépliée. A la fois véhicule d’une peur diffuse (les reflets sont partout) et d’une réflexion sur la thématique du double, le miroir autorise d’incroyables jeux de mise en scène venant dérouter les repères du réel et de l’irréel. Le décor du magasin incendié, où ne restent que des miroirs « vivants », investis par une force obscure, est parfaitement exploité : Aja sait créer une atmosphère toute en tension et en suspens, indéniablement, le jeune homme est un parfait artisan de l’angoisse. La propagation du mal et de la malédiction dans l’entourage de Kiefer Sutherland se révèle également très opératoire. Pour le reste, le scénario demeure très classique : la manifestation fantastique demande une explication, fournie par une traditionnelle enquête qui révèlera le comment du pourquoi. Les figures (personnages et thématiques) sont aussi très reconnaissables : flic dépressif, famille en crise, motif de la culpabilité. On s’amusera aussi à voir dans ce Mirrors l’influence de la grammaire horrifique asiatique, avec, notamment, le motif de l’eau hérité de Nakata. Notons enfin une ligne narrative qui multiplie les fausses pistes et les rebondissements quitte à empêcher le film de « respirer . Tout ceci fonctionne finalement bien et livre un film largement supérieur à la moyenne du genre. A conseiller aux amateurs !

mercredi 3 septembre 2008

CSI, Saison 5, épisodes 24-25, "Grave danger" : des experts façon Tarantino.

Vous savez tous que je ne suis pas forcément le plus grand fan de Tarantino. Malgré tout, j’avais étonnamment très envie de voir le double épisode réalisé pour CSI Las Vegas (la seule, l’unique !), série que j’ai appris à apprécier à sa juste valeur, notamment pour sa qualité d’écriture et de réalisation. Bien m’en a pris, puisque j’ai passé une heure trente des plus agréable. Évidemment, quand on s’appelle Tarantino, il faut faire du Tarantino et imposer sa marque à la série. On retrouve donc dès les premières minutes différents éléments qui font son style : bande son en rapport direct avec l’histoire racontée, goût pour les longs dialogues à base d’anecdotes, visions de violence stylisée (très joli plan d’intestins rougeoyants sur goudron…) qui se coulent parfaitement dans l’ambiance et la lumière habituelles de la série. La réussite tient surtout à l’exploitation maximale d’une situation dramatique forte : un CSI est pris au piège puis enterré vivant, vous imaginez la suite. Si l’idée n’a rien de neuve (je me souviens par exemple d’un épisode d’Alias, série à la quelle Tarantino a participé en tant que guest star), elle fonctionne à la perfection, l’épisode alternant séquences chargées émotionnellement et séquences de pure enquête CSI. Quelques idées scénaristiques se révèlent très porteuses, je pense à la possibilité de voir Nick (puisqu’il s’agit de lui) enfermé dans son cercueil de plexiglas, je pense aussi à la thématique souterraine de la famille symbolique (Grissom comme père de Nick), je pense enfin à la rencontre avec le concepteur de ce plan machiavélique qui se fait exploser sous les yeux d’un Grissom ahuri. Du très bon donc, sans doute parce que Tarantino n’est jamais mieux à son aise que dans les moments où il peut s’approprier un univers exogène et travailler à partir d’un matériau préalable. A voir !

vendredi 29 août 2008

Halloween (1979)

halloweenPour un fan de John Carpenter, ne pas avoir vu Halloween relevait de l'hérésie. C'est pourquoi dès hier soir, seul et dans le noir, je me suis attaché à réparer cette erreur de cinéphile. Dès les premières minutes, celles qui s'occupent du meurtre séminal du petit Mike Myers, le ton est donné : caméra subjective qui vient surprendre les jeux amoureux d'adolescents, petite musique qui ponctuera chaque apparition de l'assassin, voyeurisme du spectateur adoptant le point de vue du tueur, angoisse diffuse qui vient recouvrir l'apparente tranquillité du domicile familial (le mal est intérieur à la cellule familiale, donc à la communauté). Car il s'agit bien de cela, d'une force obscure, d'une incarnation du Mal qui vient perturber le confort d'espaces rassurants, ceux que constituent la maison, la chambre ou la tranquille banlieue. Ce qui m'a sans doute le plus frappé ici, c'est la manière dont Carpenter construit son « héros » comme figure fantomatique (en fait, rien d'étonnant si on se penche de près à l'oeuvre du maître). La maison des Myers, abandonnée depuis le meurtre initiale, n'est-elle pas décrite comme « hantée » ? Finalement, Mike Myers, en s'échappant de l'asile qui le retenait, ne fait que revenir occuper l'espace qui était le sien. Mike Myers apparaît puis disparaît avant de réapparaître, le tout n'a finalement pas de fin, Jamie Lee Curtis a beau le poignarder à plusieurs reprises, rien n'y fait et c'est précisément là que vient se loger la teneur fantastique du film. Il suffit de voir comment le tueur apparaît dans le cadre, sortant du noir, se révélant littéralement sur la pellicule (un visage blanc sur fond noir). La peur diffuse qu'il imprime sur l'espace est telle que Carpenter suggère, dans les derniers plans désertés du film, qu'il est encore là, manière d'illustrer très concrètement la valeur symbolique du tueur : il est une force maléfique dont l'action excède tout principe de compréhension et de rationalité (on est donc bien plus dans un film fantastique que dans un film d'horreur…). Il faudra toute la force d'une jeune fille pure pour mettre un terme (temporaire ?) à la tuerie. C'est bien connu, dans ce genre cinématographique, mieux vaut être vierge que déflorée…Inventive, brillante dans sa manière, par exemple, de construire la relation du premier au second plan, la mise en scène rappelle et appelle la filiation avec Hitchcock : suggestion, jeu sur l'alternance subjectif/objectif, travail sur la dialectique du voyeurisme. On peut aussi noter qu'il y a déjà (bien avant Scream) une volonté de mettre en abîme le genre : les personnages jouent tous à se faire peur, les enfants regardent des films d'épouvante etc. Il est d'ailleurs amusant de retrouver sur un écran de télé quelques images de The Thing de Howard Hawks dont Carpenter tournera un génial remake quelques années plus tard. Voilà en tous cas un film qui, selon moi, n'a pas vieilli, notamment parce qu'il excède très largement le genre auquel il appartient et parce qu'il reste une incroyable leçon de mise en scène !

- page 1 de 66